Opera Fuoco © E.B
Mozart ou Salieri ?
15/06/2008

Pour ce dernier samedi soir de festival, l’Opera Fuoco, dirigé par David Stern, nous replonge plus de deux cents ans en arrière en rejouant Der Schauspieldirektor (Le Directeur de théâtre) de W. A. Mozart et Prima la musica, poi le parole (D'abord la musique, ensuite les paroles) d’Antonio Salieri. Créés spécialement pour un concours organisé à Vienne en 1786 par l’empereur Joseph II, ces deux opéras comiques opposent le singspiel allemand à l’opéra italien.


Non, nous ne sommes pas à Schönbrunn mais bel et bien à l’église Saint-Germain de Sully-sur-Loire. Et pourtant, il se joue deux comédies musicales en un acte, Der Schauspieldirektor de Mozart et Prima la musica, poi le parole de Salieri, ces deux mêmes opéras créés et joués il y a plus de deux siècles à Vienne à la demande de l’empereur Joseph II qui souhaitait les mettre en compétition.

Une agréable découverte pour le public plongé d’amblée dans le divertissement. Der Schauspieldirektor (Le Directeur de théâtre), est en effet un singspiel comique, c’est-à-dire un drame musical en allemand, entrecoupé de seynètes parlées et jouées par des comédiens (ici Bernard Vergne dans le rôle du Directeur de théâtre lyrique et Jean-Michel Canonne dans celui du banquier). « L’histoire » : deux sopranos (Henrike Jacob alias Madame Herz et Daphné Touchais, Mademoiselle Silberklang) se disputent le haut de l’affiche et le cachet qui va avec pour finalement se réconcilier (timidement…) et s’apercevoir qu’il n’y a pas plus noble cause que de servir l’art.

Mozart toujours d'actualité
Admirablement accompagnée par l’Opera Fuoco, compagnie créée en 2003 et dédiée à l’art lyrique, et servi par des dialogues revisités par Julia Pevzner inspirés de l’air du temps, l’œuvre de Mozart n’a pas pris une ride.

En deuxième partie de soirée, le public a pu découvrir l’opera buffa, entièrement chanté, Prima la musica, poi le parole (D'abord la musique et ensuite les paroles) d'Antonio Salieri, avec Chantal Santon et Daphné Touchais dans le rôle des deux sopranos Dona Eleanora et Tonina, Pierrick Boisseau alias le barython Poetà et Philip Horst, le basse Maestro. Fortement applaudi, l’Opera Fuoco a touché le public par son dynamisme, sa créativité et sa décontraction. Quant à l’écho de la compétition initiée par Joseph II, il n’est ressorti ce soir ni vainqueur ni perdant, les deux œuvres s’étant toutes deux attirées les faveurs du public.

E.B


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